Intervention
de l’ORSBN
Conférence Régionale de Santé
29 avril 1998
Docteur
Albert Collignon
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En
Basse-Normandie, on enregistre chaque année 400 décès
par suicides en moyenne pour la période 1993-95 comme pour la période
1988-92 dont 69% chez les moins de 65 ans (71% en France) (T1). Sur ces 400 décès, 300 concernent les hommes et 100 les femmes. La proportion de suicide avant l'âge de 65 ans est plus importante chez l'homme (72% contre 73 % en France), que chez les femmes (62% contre 68% en France). La part des décès par suicide qui surviennent avant 65 ans est donc légèrement inférieure en Basse-Normandie. Sur la période 1988-92, il existe une surmortalité significative par suicide chez l'homme avant l'âge de 65 ans dans la totalité des secteurs sanitaires de la Basse-Normandie (T2). Par rapport à la France l'excès est de 24% au minimum dans le secteur Caen-Bessin et de + 93% au maximum dans le secteur du Bocage. Dans la période suivante (1993-95), deux secteurs sanitaires n'affichent plus de surmortalité significative par rapport à la France : Le Pays d'Auge et le Bocage (T3). Les trois secteurs constituant la Manche ont la surmortalité la plus forte. Chez les femmes, l'excès de suicides avant 65 ans par rapport à la moyenne française est également observé à l'ouest de la région (T4) : les suicides ont été près de 2 fois plus nombreux dans les secteurs 4 et 5 pendant la période 1988-92 : contrairement à ce qui a été mis en évidence chez l'homme, il n'y a pas de surmortalité par suicide chez la femme dans le secteur Cotentin. La même situation perdure dans la période 1993-95 (T5) avec une surmortalité significative de 70 à 80 % par rapport à la France dans les secteurs Saint-Lois-Coutançais et Avranchin. Cette inégalité de répartition des suicides qui traduit des différences culturelles et socio-économiques entre secteurs sanitaires met aussi en lumière des différences entre départements (T6). Entre 1988 et 1992, les taux comparatifs de suicide les plus élevés chez l'homme étaient observés dans l'Orne et les plus élevés chez la femme dans le Manche. La situation est devenue plus homogène entre 1993 et 1995 avec un gradient décroissant aussi bien pour l'homme que pour la femme entre la Manche (55,2 et 15,5 pour 100 000 respectivement), l'Orne (44,6 et 13,6) et le Calvados (40,7 et 12,3). On voit aussi que l'écart entre les taux régionaux (46,6 et 13,8 pour 100 000) et la moyenne française (33,7 et 10,6) sont plus élevés pour l'homme (+38%) que pour la femme (+30%). |