Actualités
 


 
Vous cherchez :
 
Etudes de l'ORS
 
Acteurs et actions
de la prévention

 
Services et hébergement pour personnes âgées




Le PRS Maltraitance
LES CHIFFRES EN QUESTION

En première analyse, nous pourrions dire que l'observation quantitative permet de rendre visibles des phénomènes et d'en prendre la mesure. Mais une telle définition ne permet pas de rendre compte de la complexité du problème du dénombrement. En effet, les différentes institutions qui ont besoin de chiffres n'en font pas forcément le même usage. Aussi s'agit-il d'éviter les tentations d'interprétations "partiales" qui peuvent se faire jour. Un certain nombre de précautions doivent pour cela être prises : les chiffres ne doivent jamais être dissociés du contexte dans lequel ils sont produits, ils doivent être datés et situés institutionnellement. Par ailleurs, un même phénomène peut être appréhendé par diverses sources. Le plus souvent, les chiffres émanant d'institutions aux logiques différentes ne mesurent pas exactement la même chose, même si l'intitulé de l'item est semblable et sont donc difficilement comparables.

Tel est le cas pour les données concernant l'Enfance en danger.

Ainsi, les services des Conseils Généraux recueillent les données concernant les signalements qui leur sont faits, tandis que les chiffres de la Justice concernent à la fois les saisines directes faites aux parquets par les hôpitaux, l'Education Nationale, les particuliers... et les saisines faites par les services de l'Aide Sociale à l'Enfance. Chaque institution a donc une vue partielle des choses. Par ailleurs, la terminologie employée par la Justice diffère de celle utilisée par les services sociaux, même si les faits préjudiciables se recoupent à peu près avec ceux décrits par l'ODAS. Afin de remédier à ces difficultés, des protocoles se mettent en place entre les Conseils Généraux et l'autorité judiciaire, portant sur le contenu et le circuit des signalements.

Des divergences existent également entre Conseils Généraux concernant les variables pertinentes à retenir pour en faire une analyse systématique et ainsi cerner d'éventuelles évolutions. Certains s'intéressent uniquement à l'origine du signalement, à sa nature et à la nature de la mesure prise, autrement dit ne disposent pas d'informations statistiques concernant les caractéristiques des enfants, de leur famille, des auteurs... D'autres en revanche reprennent la grille d'analyse proposée par l'ODAS, qui prévoit de tels renseignements permettant une meilleure connaissance des protagonistes, mais en la remaniant légèrement. Une interrogation demeure toutefois quant au contenu même des mots employés. Aussi un consensus sur la définition et l'interprétation des termes doit-il être recherché afin que les chiffres aient un sens.

Les résultats observés doivent également être interprétés avec prudence. Des taux importants de non-réponse a certains items doivent, en premier lieu, inciter à nuancer les conclusions. Mais surtout, l'augmentation du nombre absolu de signalements dans un secteur géographique ne peut être simplement interprétée comme un signe de plus grande prévalence du phénomène dans cette population. Une meilleure circulation de l'information à partir de la révélation de l'enfant, de nombreuses campagnes d'information des enfants dans les écoles de ce secteur peuvent avoir favorisé un meilleur retour de l'information auprès de l'ASE.

Dans tous les cas, l'analyse des données doit être replacée plus globalement dans le contexte local, et tenir compte des évolutions en cours dans les pratiques professionnelles.

Eu égard à ces difficultés de recueil et d'analyse des données chiffrées dans le domaine de la maltraitance, il ne nous a pas paru judicieux de se fixer des objectifs uniquement quantitatifs de réduction du phénomène.