Nous assistons en France, depuis de nombreuses années, à un vieillissement de la population, ainsi qu'à une augmentation de la charge en soins contrastant avec une démographie médicale et soignante décroissante. L'espérance de vie est actuellement d'environ 75 ans chez les hommes et 83 ans chez les femmes et augmente de 3 mois par an. On prévoit, pour les quarante prochaines années, un doublement de la population des plus de 65 ans et un triplement de celle des plus de 80 ans. La situation sera encore plus marquée en Basse-Normandie. Par ailleurs, le nombre des patients souffrant de la maladie d'Alzheimer va augmenter, puisque l'âge en représente le principal facteur de risque, ce qui est un enjeu majeur en terme de santé publique…
Si la vieillesse ne se mesure pas, on peut néanmoins repérer la fragilité des sujets âgés par une évaluation globale des risques de dépendance (chutes, handicap, dénutrition, dépression, troubles cognitifs, etc.), à l'aide d'outils de mesure appropriés, afin d'éviter ou retarder la perte d'autonomie, et donc favoriser le maintien dans le milieu de vie habituel. Cette évaluation nécessite du temps et des moyens humains suffisants en nombre et formés. Il est donc nécessaire de renforcer l'organisation des soins dévolue aux problèmes de santé de la personne âgée. Pour cela, il faut créer, en ville comme à l'hôpital, de véritables filières ou réseaux de soins, incluant obligatoirement la création de lits de Court Séjour Gériatrique dans chaque centre hospitalier et des programmes d'actions pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer dans lesquels les familles puissent tenir leur rôle de partenaire référent. Les initiatives des associations de bénévoles doivent aussi être encouragées…
Les enjeux de la Médecine Gériatrique sont donc multiples, face à l'évolution démographique, dans le but principal de maintenir la personne dans son milieu habituel et de préserver sa qualité de vie. Même s'il était commun de dire, il n'y a pas si longtemps, qu'“ il valait mieux donner de la vie aux années plutôt que des années à la vie ”, il n'est pas interdit de penser, en 2004, que ces deux éventualités soient compatibles.